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Dernière mise à jour le 31/01/2012

Alternatives au désherbage chimique sous le rang : Le désherbage mécanique

Que ce soit volontairement ou en application des dispositions réglementaires nées avec le Grenelle de l’Environnement, le  vigneron est engagé dans des pratiques au vignoble et au chai qui s’inscrivent dans l’objectif du développement durable. L’entretien des sols et la protection phytosanitaire sont directement concernés.
Depuis plusieurs années, les équipes de l’IFV ont tenté d’anticiper sur cette évolution et ont recherché des techniques adaptées. Ce dossier a pour ambition d’apporter des réponses à la question complexe du désherbage sous le rang de vigne, grâce à la mise en oeuvre de solutions alternatives à l’emploi des herbicides. Comment se préparer à ces solutions? Quels sont les outils disponibles ?

Le 05/05/2011 Par L'IFV - Institut de la Vigne et du Vin

Introduction

Le désherbage des vignes a plusieurs objectifs : limiter la concurrence par rapport aux ressources hydriques et azotées, maintenir un état sanitaire correct en évitant que les herbes ne montent au cœur des souches, et de surcroît contribue à l’aspect esthétique des vignes, vecteur d’image pour le vin. L’utilisation des herbicides permet une très bonne maîtrise de la flore adventice du vignoble dans la majorité des cas. De plus, leur emploi est relativement simple et rapide. Cependant, la découverte de nombreuses molécules herbicides parmi les produits phytopharmaceutiques détectés dans les points de captage destinés à l’eau potable est à l’origine d’une forte pression sociale et politique pour la réduction, voire la suppression de l’usage des dites molécules. La préservation de la qualité de notre ressource en eau potable est l’enjeu principal de la recherche de solutions alternatives.


Les alternatives au désherbage chimique sont multiples : désherbage thermique, désherbage mécanique, enherbement. On distingue le travail de l’inter-rang du travail de celui de la ligne des souches. La recherche d’alternatives pour l’entretien de l’inter-rang est plus simple : le travail du sol est possible dans beaucoup de situations, de même que l’enherbement. De ce fait, la situation la plus courante aujourd’hui est de n’avoir recours aux herbicides que pour la ligne des souches, soit selon le vignoble concerné, encore 30 à 50 % de la surface. Cette zone sous les souches est plus délicate à travailler, car il faut éviter les ceps et cela réduit fortement la vitesse d’avancement.


Les constructeurs de matériels viticoles ont bien pris en compte cette nouvelle demande et proposent aujourd’hui un panel d’outils pour répondre à cette problématique de désherbage alternatif. L’enjeu des expérimentations mises en place par l’IFV était de cerner les capacités et les limites de ces outils, afin d’en définir les conditions optimales d’utilisation. Ce document fait la synthèse des observations et mesures réalisées au cours des diverses expérimentations menées par l’IFV depuis 2000.

 

Christophe Gaviglio

Responsable machinisme viticole

 

 


 

Diversité des matériels et intérêts

 

Désherbage thermique

Le désherbage thermique s’adresse en priorité aux situations où toute autre alternative serait difficile à mettre en place : sol en pente impossible à travailler sans risque d’érosion, présence de pierres trop importante. Les matériels testés par l’IFV ont montré les progrès réalisés par ces appareils sur la maîtrise du phénomène de bulle chaude et donc le respect de l’intégrité des raisins. La consommation de gaz reste importante et le nombre de passages nécessaires élevé. Le désherbage thermique est réalisable en situation humide, car la vaporisation provoquée par le radiant enveloppe l’intégralité de la plantule à détruire. Il reste intéressant en association avec un désherbage chimique de prélevée pour réaliser un travail d’entretien une fois le printemps passé.
Les vitesses de passage sont limitées, autour de 3 km/h, pour laisser au radiant le temps nécessaire à son action.

 

Désherbage mécanique

 
Diversité des outils

Le désherbage mécanique sous le rang est réalisable avec trois grandes catégories d’outils qu’il est possible et même souhaitable d’alterner au cours de la saison :

 

  • Décavaillonneuses légères
  • Houes rotatives
  • Lames interceps équipées ou non d’ailettes de fragmentation.

D’autres outils viennent éventuellement en complément pour gérer les déplacements de terre, des disques par exemple, ou des coutres, qui permettent aux outils de travailler en condition de terre dure.

Décavatic Boisselet Cutmatic Boisselet avec coutre à l'avant pour faciliter
le travail de la lame

Diversité des systèmes d’effacement
  • Mécanique : le plus simple et le plus robuste (Humus, Souslikoff)
  • Hydraulique : du plus simple au plus perfectionné (Boisselet, Clemens)
  • Electro-hydraulique : réglage plus fin, progressivité et sensibilité (Gard, Terral)
  • Par appui : meilleure efficacité autour des souches (Pellenc).

Cette diversité permet de faire le meilleur choix en fonction du type de sol à travailler, de l’âge des vignes, de la largeur à travailler. La plupart des constructeurs proposent en conséquence une gamme complète de matériels à adapter sur leur porte-outil qui réalise l’effacement devant la souche.


Efficacité intrinsèque des outils et mode d’action

Suivant leur profil, les outils ne désherbent pas de la même manière :
- Les décavaillonneuses retournent une bande de terre, enfouissant les parties végétatives des adventices et mettant les racines à nu. L’impact est très fort, mais le profil de l’outil peut être agressif
vis-à-vis des racines superficielles de la vigne.


- Les outils rotatifs fonctionnent par sectionnement, arrachement et dispersion. Selon le profil des lames et la vitesse de rotation, la houe rotative crée un émiettement plus ou moins important. La puissance demandée peut imposer la présence d’une centrale hydraulique entraînée par la prise de force.


- Les lames sont plutôt utilisées en entretien. Leur mode d’action très simple est plus limité en termes d’efficacité de désherbage, mais il peut être amélioré par l’adjonction de dispositifs permettant la fragmentation de la terre soulevée et donc la dissociation adventices / mottes de terre.

 

Résultats d’essais
Depuis 2002, l’IFV a testé un panel important mais non exhaustif d’outils issus des gammes des constructeurs en vignes étroites comme en vignes larges. Le graphique suivant récapitule les performances enregistrées pour chaque gamme d’outils. En raison des conditions expérimentales variables qui ont été rencontrées à chaque session avec un constructeur, il ne s’agit pas ici de comparer les marques entre elles mais plutôt de montrer, au sein d’une gamme, les capacités des différents outils confrontés à une situation similaire. Une appréciation globale (note) est dans ce sens plus pertinente qu’un résultat chiffré (pourcentage d’efficacité). Ce graphique montre d’une part, la dispersion des résultats et d’autre part, que la meilleure efficacité est obtenue avec les outils rotatifs ou avec les décavaillonneuses. Les lames permettent quant à elles une bonne approche des souches.
Ces résultats, obtenus avec des réglages réalisés par les constructeurs, sont sujets à variation en fonction des conditions rencontrées comme il est précisé par la suite. Il est toujours possible de les optimiser.

 

 

Approche de la souche

Cette mesure est effectuée sur 20 souches consécutives, devant et derrière mais aussi sur les côtés. Même si elle est grandement déterminée par le réglage, elle donne une idée de la capacité des outils à bien désherber à proximité de la souche sans provoquer de blessure. L’utilisation d’un cure-cep améliore le résultat. Le résultat dépend aussi de l’état de la terre et donc de la résistance à l’avancement et au mouvement de l’outil autour de la souche.

 

Taux de blessures

Cette mesure est réalisée sur 50 souches par observation des lésions profondes sur le bois : un simple écorçage n’est pas comptabilisé comme blessure. Une partie du résultat est imputable au réglage de l’outil, l’autre à son profil. Le tableau synthétique suivant ne mentionne les résultats que des outils utilisés à une vitesse correcte. Les essais ont montré que l’augmentation de la vitesse est le principal facteur d’augmentation du taux de blessures.

 

 

 

Durabilité d’action des outils : efficacité et tenue du désherbage

Cette mesure est effectuée par évaluation de la surface couverte par les adventices avant le passage des outils et une semaine après. Les résultats dépendent aussi des conditions météorologiques postérieures à l’intervention.

 


 

Adéquation : type d’outil / type de sol / type d’adventice

 

Le travail de désherbage réalisé par un outil est dépendant des facteurs du sol et de la couverture par les adventices.

 

Le sol et son fonctionnement

La connaissance de quelques caractéristiques du sol permet de mieux adapter le travail réalisé. En fonction de sa teneur en argile, en sable et en limons, un sol est plus ou moins sujet à la battance, à la reprise en masse, à l’émiettement, à la rétention de l’eau et oppose plus ou moins de résistance à l’avancement des outils. Le triangle de texture des sols dans la figure ci-contre permet de faire de grandes catégories. Ce triangle ne prend pas en compte la présence de graviers ou de cailloux. Suivant leur taille, ils sont plus ou moins problématiques pour l’entretien mécanique. Le travail du sol doit être réalisé de manière à éviter les phénomènes d’érosion. Il faut pour cela prendre en compte le sens du travail par rapport à la pente et au dévers, l’époque d’intervention et l’humidité du sol (in « Les matériels de travail du sol, semis et plantation », collection Formagri, Volume 3, 1993, Editions Cémagref, FNCUMA, ITCF, Lavoisier Tec et Doc).


La composition d’un sol détermine en grande partie sa capacité de ressuyage qui est aussi fonction de la météorologie et donc de la période de l’année.
Chaque outil travaille le sol en combinant plusieurs actions mécaniques dont les résultats sont très dépendants de l’humidité, de la texture et de l’état structural initial. Un comparatif est présenté dans le tableau ci-dessous. Les outils de désherbage mécanique intercep travaillent essentiellement par sectionnement (décavaillonneuses, houes rotatives, lames), cisaillement (herses rotatives), et frottement (lames). L’émottement qui en résulte est d’autant plus fin que l’humidité est faible. Dans des sols sujets à la reprise en masse, il faut privilégier les outils donnant un résultat d’émottement grossier (fraises rotatives à faible vitesse de rotation, lames, décavaillonneuse) et éviter d’utiliser systématiquement d’un passage sur l’autre un outil rotatif.
En terre plus argileuse, des lissages peuvent se créer lorsque le travail est réalisé dans des conditions d’humidité trop élevées.

 


Les adventices difficiles à gérer par type d’outil

A partir d’une certaine taille, les érigerons posent problème à tous les outils. Leur port érigé et la lignification de leur tige peut même provoquer le déclenchement du système d’effacement devant la souche. Les graminées créant des talles importantes peuvent empêcher les outils rotatifs peu puissants de rentrer sous le rang. Les vivaces (chiendent, liseron…) sont disséminées et surtout multipliées par les outils rotatifs qui les fragmentent. Si, avant de passer au désherbage mécanique, les vivaces n’ont pas été éliminées, elles resteront un problème important par la suite.
Les légumineuses (vesces, trèfles, etc.) peuvent rapidement représenter un volume important de végétation et peuvent créer des bourrages avec tous les types d’outils, et spécialement les outils rotatifs si l’intervention est trop tardive.

 

 

Certains outils sont limités dans leur possibilité d’action par l’état du sol et d’autres par la quantité d’adventices à éliminer. Ainsi, le Tournesol de Pellenc est capable d’intervenir dans des situations de forte pousse des adventices du moment que l’état de la terre le permet (souple et meuble). En revanche, sur un sol dur et refermé, le résultat sera nettement moins bon. Les houes rotatives de petit diamètre (Humus Hugg par exemple) travaillent parfaitement en sol meuble et sur adventices peu développées. Elles sont peu adaptées aux terrains sujets à la reprise en masse. Les lames bineuses classiques peuvent intervenir sur sol dur, mais leur action de désherbage est limitée à de l’entretien sur adventices peu développées. Les décavaillonneuses peuvent intervenir dans des situations où l’enherbement est bien développé : le profil de l’outil permet de faire passer le flux de végétation retourné sur le côté. En sol dur, une décavaillonneuse devra être équipée d’un dispositif d’assistance au retrait de l’outil par un vérin, car la résistance rencontrée par l’outil dans le sol, combinée au volume de terre à déplacer, peut être problématique.

 


 

Pour consulter la totalité du dossier, rendez-vous sur le site internet de l'IFV en cliquant ici

 


 

 


 

COMMENTAIRES (2)
  • philippe nyetam, Le 19 Mai 2011 18h20 je veux qu'on aide je pratique la culture d'ananas au cameroun et je veux motoriser mes cultures pour augmenter ma production
  • Stella, Le 24 Mai 2011 04h24 What a joy to find someone else who tihnks this way.
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