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Dernière mise à jour le 31/01/2012

Modes de financement des équipements agricoles en Russie

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Contact : Gérard Rigault - tél : 01 40 73 35 21

Le 14/06/2010 Par UBIFRANCE

  1. Le secteur agricole
  2. La politique à l’égard de l’Agriculture
  3. Opportunités du marché pour les exportateurs français

 


 

Le secteur agricole

 

1- Part dans l’économie

Le secteur agricole représente 5% du PIB et la production agricole représente 3,5% du PIB.

 

2- Population active

Le secteur agricole russe emploie 10% de la population active.

 

3- Répartition de la SAU

La Russie possède 220 Mio ha de terres cultivables. Une partie importante de ces terres a été mise en jachère dans les années 1990 et la remise en valeur de ces terres constitue aujourd’hui une priorité stratégique.
 

Source : http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Russie/RussieScient.htm

 

4- Principales zones de production

La région de Krasnodar est la 1ère pour la production agricole et agroalimentaire. Elle est suivie par les régions de Rostov sur le Don et Stavropol (Sud), le Tatarstan (Volga) et l’Altaï (Sibérie occidentale).
La région des « Terres Noires », prolongement des plaines céréalières ukrainiennes, constitue également un pôle agricole très important (régions de Koursk, Belgorod, Voronej, Lipetsk…).

 

5- Principales productions végétales et animales

La production végétale (54%) dépasse la production animale (46%).


6- Forces et faiblesses de la production agricole

La production céréalière de la Russie ne cesse d’augmenter grâce à l’augmentation des rendements et de la surface emblavée. Un pic de production a été atteint en 2008 grâce à d’excellentes conditions climatiques : 108 millions de tonnes de céréales ont été récoltées. Le manque d’infrastructures de transport et l’insuffisance des capacités des silos posent néanmoins un problème de débouchés pour la production. En 2009, une sécheresse partielle dans plusieurs régions a entraîné une baisse de la production céréalière.
Le cheptel a diminué de moitié depuis la réorganisation du secteur dans les années 1990. Cette tendance s’inverse dans le secteur du porc et de la volaille.

 

7- Parc russe de machines agricoles

La Russie a cessé d'investir dans le secteur agricole depuis la fin des années 1960. En conséquence, la plupart des équipements et des machines utilisés souffrent aujourd'hui d'une grande obsolescence. Le machinisme agricole, qui a été un des fleurons du complexe agroindustriel soviétique, a connu une période de déclin, illustrée notamment par l'effondrement économique, dans les années 1990, de géants comme Rostelmash, qui produisait les tracteurs et les moissonneuses-batteuses de la marque Don.

 

Aujourd’hui, l'utilisation d'un parc trop ancien génère des pertes importantes aux stades de la semence et de la récolte. 70 % du parc de machines agricoles serait à remplacer. La demande en équipements est très forte dans le secteur céréalier (moissonneuses-batteuses, matériels de préparation des sols...) ainsi que dans celui de l'élevage.

Le secteur des machines agricoles russe est généralement représenté par des machines de production locale dont la part s’élevait en 2007 à 79% par rapport à 21% de machines importées.

 

En 2007, le parc des machines agricoles en Russie a atteint 1,2 million d’unités dont :

 

  • 405 700 tracteurs ;
  • 140 800 moissonneuses-batteuses ;
  • 121 200 charrues ;
  • 153 400 cultivateurs ;
  • 178 700 semeuses.

Selon le bilan de cette même année, le nombre total des machines agricoles en Russie a diminué de près de 10 %, ce qui prouve la spirale récessive dans laquelle s’est trouvé ce secteur alors même que le reste de l’économie connaissait une croissance forte (2000 – 2008).


Le tableau ci-dessous témoigne de l’ampleur de la dégradation connue depuis 20 ans dans cette filière :
 

Parc des machines agricoles en Russie, 1992-2007 (en milliers d’unités)

 

  1992 1995 2000 2005 2007
Tracteurs 1209,7 1052,1 746,7 480,3 405,7
Charrues 460,3 368,3 237,6 148,8 121,2
Cultivateurs 541,6 403,5 260,1 175,5 153,4
Semeuses 582,8 457,5 314,9 218,9 178,7
Moissonneuses-batteuses Céréalières 370,8 291,8 198,7 129,2 107,7
Faucheuses 208,2 161,6 98,4 63,9 53,8
Moissonneuses à décharge latérale 218,7 152,2 85,2 46,9 37,6
Appareils et machines d’arrosage 69,5 46,3 19,2 8,6 6,7
Pulvérisateur 88,6 56,9 32,5 24,6 24,5
Machines à traire 197,5 157,3 88,7 50,3 39,8

 

En 2007, la production locale des machines agricoles s’est élevée à 193 811 unités, soit une augmentation de 11% par rapport à 2006. Cette tendance s’est poursuivie en 2008, jusqu’au déclenchement de la crise.


Les principaux producteurs russes de machines agricoles sont :

  • Rostselmach (Rostov sur le Don, production de moissonneuses-batteuses)
  • Peterbourgski traktokny zavod (Saint-Pétersburg, tracteurs, charrues, herses)
  • Elaboujski avtomobilny zavod (Tatarstan, tracteurs).

Exportations des machines agricoles russes

- En 2007, la Russie a exporté des machines et équipements agricoles, ainsi que des pièces de rechange pour un montant de 293,9 Mio USD, soit 32% de plus par rapport à l’année précédente (222,6 Mio USD).
- Les principaux pays clients des machines et équipements russes sont le Kazakhstan (57,9%), l’Ukraine (12,9%) et l’Ouzbékistan (9,3%).

Source des données : douanes françaises

 

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La politique à l’égard de l’Agriculture


1- Historique récent

La Russie n’est pas autosuffisante en matière alimentaire, ce qui est une aberration économique pour un pays aussi peu peuplé, possédant des terres agricoles de qualité et des traditions rurales aussi fortes. Selon D. Rylko, Directeur général de la société d’analyse des marchés agricoles, la Russie sera dès 2015 le 1er marché alimentaire d’Europe et également le marché le plus intéressant au monde après celui de l’Inde : « C’est un défi pour l’agriculture nationale, aussi peu compétitive ».

 

Depuis septembre 2005 et l’annonce par le Président Poutine de la mise en œuvre de 4 Plans nationaux prioritaires, l’agriculture est devenue une priorité politique de l’Etat. Il s’agit tout à la fois de réduire la dépendance de la Russie vis-à-vis des fournisseurs alimentaires étrangers, de lutter contre l’abandon des immenses espaces ruraux du pays, que de développer un secteur à fort potentiel d’avenir.


Vladimir Poutine a souligné, à de nombreuses reprises, son intérêt pour la question du développement agricole ; il est en contact étroit avec les dirigeants des agro holdings. Alors Président de la Fédération de Russie, il a participé à la démonstration de machines agricoles lors de la « Journée du champ russe-2007 », qui s’est tenue à Rostov sur le Don. Selon certains analystes, le Président Poutine a cherché également à appuyer son pouvoir et son autorité à l’intérieur du pays par un contact direct avec la paysannerie russe.

 

2- Les projets de développement

 

a. Les projets nationaux

Le programme d’Etat « Développement de l’agriculture et régulation des marchés agroalimentaires, des matières premières et de l’alimentation pour 2008-2012 », élaboré par le Ministère de l’agriculture russe, propose une stratégie agricole à long terme et se donne des moyens financiers importants pour atteindre ses objectifs (20 milliards d’EUR sur 5 ans). Un accent est mis sur les projets de développement dans le secteur élevage, et notamment la production de viande bovine.


b. Les projets internationaux

 

Financés par la SFI

Augmentation des capacités de production du producteur de viandes et de denrées agricoles (mai 2008)

  • Etat : Approuvé
  • Détail du projet : La SFI a investi 50 Mio USD dans le capital de Belgrankorm pour augmenter les capacités de production de l'entreprise et pour y introduire les meilleures pratiques de gouvernance et de durabilité sociale et environnementale.
  • Les fonds permettront à Belgrankorm de moderniser et étendre ses élevages de poulets, cochons et bétail laitier ainsi que d'acheter de nouvelles machines agricoles. Les fonds serviront également à construire un nouvel élevage de poulets et acheter un broyeur dans la région de Veliky Novgorod.
  • La SFI accordera également à la société un prêt de 30 Mio USD en plus de son investissement. Ces fonds permettront d'introduire les meilleures pratiques vétérinaires, de nutrition et de gestion du bétail.
  • Agence adjudicatrice : Belgrankorm group
  • Financement : Société Financière Internationale (SFI)
  • Montant du prêt : 30 Mio USD de prêt + 50 Mio USD d'investissement dans le capital
  • Date d'approbation du prêt : 29/05/2008
  • Contact UBIFRANCE : Agnès Paulus, e-mail : agnes.paulus@ubifrance.fr.

 

Financés par la BERD

Construction d'une usine de transformation de légumes et salades et augmentation de la production de laitues
(juin 2009)

 

  • Etat : En évaluation
  • Détail du projet : La BERD envisage d'accorder un prêt de 20 Mio USD (10 Mio USD sous forme de dettes et 10 Mio USD dans le capital) à la société Belaya Dacha Trading pour financer la construction d'une nouvelle installation de transformation de légumes et salades dans la région de Saint Petersbourg. Le prêt de la BERD permettra également à la compagnie de développer sa propre production de laitues en plein champ au centre et au sud de la Russie. Les fonds financeront également les besoins en capital roulant de 2008 à 2011.
    Le projet aura un impact sur la transition en permettant aux fermiers d'investir dans des technologies modernes de récolte et en introduisant des produits sains et de qualité à l'extérieur de Moscou.
    Le coût total du projet est estimé à 32,8 Mio USD.
    La société est l'un des principaux fournisseurs de laitue iceberg de MacDonald et compte adopter à l'avenir les normes ISO 14001 et OHSAS 18001.
  • Agence adjudicatrice : Vadim Ekomasov,
  • Coût total : 32,8 Mio USD
  • Financement : Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD)
  • Montant du prêt : 20 Mio USD
  • Contact UBIFRANCE : Agnès Paulus, e-mail : agnes.paulus@ubifrance.fr.

 

Programme d'investissements dans une usine d'élevage de cochons et de transformation de la viande
(octobre 2008)

  • Etat : En évaluation
  • Détail du projet : La BERD envisage d'accorder un prêt maximum de 20 MIO EUR à la société d'élevage de cochons et de transformation de la viande "Kuzbassky Pischekominat" pour financer son programme d'investissements à moyen terme. Le coût total du projet est estimé à 76 MIO EUR maximum.
    Un consultant indépendant et la BERD ont réalisé une étude préalable environnementale et sociale du projet. Le but du programme est de permettre à l'entreprise de se conformer aux meilleures pratiques internationales. La modernisation prévue doit améliorer le rendement, le bien être des animaux, les normes d'hygiène et la gestion environnementale des installations existantes.
    La BERD fera le contrôle du projet (visites de sites) et réalisera des audits indépendants après la construction des installations.
  • Agence adjudicatrice : Stanislav Lomov, Head of department of investments and development
    CJSC "Kuzbassky pishekombinat"
  • Coût total : 76 Mio EUR maximum
  • Financement : Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD)
  • Montant du prêt : 20 Mio EUR maximum
  • Contact UBIFRANCE : Agnès Paulus, e-mail : agnes.paulus@ubifrance.fr.

 

Financés par la CE

Aucun projet actif n’a été identifié

 

Financés par la BEI

Aucun projet actif n’a été identifié


c- Les projets bilatéraux

Aucun projet actif n’a été identifié

 


3- Les options budgétaires et les financements mis en œuvre

En 2009 le Gouvernement russe a augmenté le budget fédéral de son Ministère de l'Agriculture de 54,24 Mrds roubles (soir 1,9 Mrds USD) par rapport au budget initialement prévu. Les dépenses totales de 2009 seront donc de 148,23 Mrds roubles (5,3 Mrds USD), dont presque 68% seront transférés directement aux budgets des provinces et des municipalités ou seront utilisés comme subventions de soutien aux taux d'intérêt pour les producteurs agricoles. Le gouvernement a aussi augmenté ses dépenses destinées à l'éducation agricole, à la formation professionnelle et à la recherche appliquée de 4,70 Mrds roubles (168 Mio USD) à 17,89 Mrds roubles (639 Mio USD). Les dépenses du budget fédéral pour l'Agence de Pêcherie Fédérale restent inchangées: 8,32 Mrds roubles (297 Mio USD). Le rapport de l’USDA est disponible sur demande.

 

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Opportunités du marché pour les exportateurs français

La crise financière internationale, qui a touché de manière brutale et inattendue la Russie, a complètement remis en cause les stratégies ambitieuses de modernisation engagées dans le secteur agricole et le secteur agroalimentaire.

La crise a été beaucoup plus brutale dans le secteur agricole.

 

L’ensemble des banques, même celles contrôlées par l’Etat, ont revu leur politique d’allocation de crédits, alors même que cette politique gouvernait la demande jusqu’en 2008. Les régions russes dont les ressources budgétaires ont été brutalement amputées, ont remis en cause leur politique d’aides et de subventions. Enfin, le Premier Ministre Poutine a satisfait les producteurs locaux de machines en annonçant la fin complète des aides publiques (directes ou indirectes) pour l’achat de matériel étranger et une hausse des droits de douane pour l’importation de moissonneuses batteuses à compter du 1er janvier 2009 (de 5 à 15%).

 

Les fournisseurs étrangers de matériel agricole ont donc dû subitement faire face à un effondrement des leurs commandes, la Russie passant en quelques mois du statut d’eldorado à celui de marché le plus affecté par la crise.

Les nouvelles conditions du marché induisent un tout autre comportement pour les fournisseurs étrangers. Il s’agit notamment de miser sur les bénéfices liés à la fabrication locale afin d’avoir accès aux financements publics :

 

  • le constructeur allemand Claas avait ouvert la voie dès 1995, en ouvrant une usine de fabrication de moissonneuses batteuses à Krasnodar. Il fut rapidement suivi par la société Amazone qui a conclu un partenariat avec la société russe Evrotekhnika (Samara) dès octobre 2005.
  • durant l’été 2009, la société américaine John Deere a annoncé la construction d’usines à Kalouga et Domodedovo, dans la région de Moscou, pour un montant programmé de 120 millions de dollars.
  • En septembre, le groupe germano-italien Same Deutz Fahr a annoncé le lancement de la production de tracteurs et de moissonneuses-batteuses dans sa nouvelle usine en Russie. La capacité maximale annuelle de l’usine sera, à plein régime, de 2.000 tracteurs et 500 moissonneuses-batteuses. Pour la réalisation de ce projet, Same Deutz Fahr et EuroAgroPostavka se sont associés pour créer Same Deutz Fahr Russia Agricultural Machinery, une joint-venture dont Same Deutz Fahr détient 75% et EuroAgroPostavka, distributeur exclusif de la marque Deutz-Fahr en Russie, 25%. Le lieu d’implantation de l’usine – sud de Moscou - a été choisi pour sa centralité par rapport aux nombreux fournisseurs potentiels, ainsi que pour sa proximité géographique avec les plus importantes zones agricoles russes. Cette usine, qui n’est pour l’instant qu’une simple unité d’assemblage, pourrait faire l’objet d’un investissement de plus de 20 millions d’€.

 

Des voix en Russie s’élèvent aujourd’hui contre les stratégies des sociétés étrangères qui cherchent à contourner les obstacles à l’importation sans réellement intégrer des éléments de fabrication russe dans leur production (notamment un article dans l’hebdomadaire Russkii Buzines du 4 octobre 2009). Mais à moyen-terme, seule l’intégration d’éléments de fabrication étrangers (notamment les moteurs diésels) permettra cependant à l’industrie locale russe de se relever.

 

Les opportunités pour les exportateurs français de taille plus modeste existent donc plutôt aujourd’hui en matière de fournitures de pièces et d’éléments entrant dans la fabrication locale des machines agricoles.
 

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COMMENTAIRES (2)
  • Anthony, Le 18 Juin 2010 11h19 Intéressant comme dossier. Il faut compter sur la Russie ces prochaines années qui risque d'avoir un développement énorme niveau agricole. Je pense qu'en tant que français, nous avons une carte à jouer au niveau des vaches laitières, peu présentes en Russie
  • Maud, Le 7 Juillet 2011 02h34 I wanetd to spend a minute to thank you for this.
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