Découvrir Tignes

Tignes est une commune française située dans le massif de la Vanoise en Haute-Tarentaise, dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes. Elle comptait 2 494 habitants en 2012.

À l'origine village de montagne essentiellement tourné vers l'agriculture, il est détruit et englouti à la suite de la construction du barrage du Chevril, mis en eau en 1952. Sur ses hauteurs, Tignes devient durant les décennies suivantes une station de ski1 implantée à plus de 2 000 m d'altitude sur deux sites principaux (Tignes le Lac et Tignes Val Claret) et internationalement réputée pour son domaine skiable, couplé avec celui de Val-d'Isère sous l'appellation Espace Killy. La station accueille lors des Jeux olympiques d'Albertville de 1992 trois épreuves de ski acrobatique, et les X-Games Europe d'hiver au cours des années 2010.

Le développement de Tignes

Au Moyen Âge, la paroisse de Tignes, dont la communauté de La Val de Tignes (l'actuel Val d'Isère), appartient à la seigneurie de la Val d'Isère avec les paroisses de Montvalezan, Sainte-Foy, Villaroger, ainsi que Séez qui est le centre de celle-ci8,9. Cette seigneurie dépendait initialement de la famille de Briançon10, apparue vers le Xe siècle, qui porte d'ailleurs le titre de vicomte de Tarentaise, donné soit par les comtes de Savoie11, soit par l'Empereur Henri IV du Saint-Empire12. À la fin du XIIIe siècle, sous le règne du comte Philippe Ier de Savoie, les terres des Briançons passent sous le contrôle direct des Savoie, qui prennent le titre de vicomte de Tarentaise13. Le 29 mai 1310, Jacquemet de Beaufort obtient en échange de sa seigneurie de Beaufort, la seigneurie de la Val d'Isère et achète le titre de vicomte de Tarentaise en 1346 au comte Amédée V de Savoie, pour 2 000 florins14. Au XVe siècle, le titre passe à la famille de Duin (ou Duyn)9. Puis en 1540, celui-ci passe à Jean de Duyn-Mareschal. Les membres de cette famille portent selon les textes le nom de Mareschal (de) Duyn (de) La Val d'Isère9. Les possessions et titres passent ensuite en 1795, à la famille d'Allinges-Coudrée, dont le dernier descendant, Prosper-Gaëtan d'Allinges, marquis de Coudrée, meurt le 26 février 184315. Avant la Seconde Guerre mondiale, le village de Tignes, situé dans la haute Tarentaise, était quasiment inconnu hors de la Savoie. Situé à l'intérieur d'une cuvette, et bénéficiant de bonnes conditions d'ensoleillement, c'était un des endroits les plus favorables à l'agriculture de haute montagne. Toutefois, cette vie pastorale devait être bouleversée par le développement de deux activités : le tourisme et l'énergie. Le développement de la pratique du ski dans le val débute dans les années 1930 avec la mise en place des premières remontées mécaniques (mars 1936), des premières écoles de ski privées (hiver 1933-1934)16, ainsi que des premiers hôtels. Le premier syndicat d'initiative est créé en mars 193716. Dès 1933, l'administration envisage la construction d'un barrage au sommet des gorges des Boisses, mais les Tignards n'en eurent connaissance qu'en 1941. La construction débute en 1946 et le village est finalement noyé en 1952, quand le Barrage du Chevril acheva son plein d'eau. 384 habitants du village sont déplacés17. Cependant, cela ne s'est pas fait sans tensions. L'aménagement de la structure semble remettre en cause la pratique pastorale des habitants qui gardent leurs troupeaux dans les étables du village durant la période hivernale et les laissent paitre autour du lac en été, avant de vendre leur production à La Val17. Par ailleurs, le système d'achat, peu clair, des maisons et des terrains a débouché sur une certaine méfiance de la part des habitants17. Enfin, aucune information n'a été donnée aux habitants sur leur futur comme les questions de reconstruction des bâtiments administratifs, déplacement du cimetière et de l'église, voire de leur propre réinstallation17. Face aux différents grondements, craignant une forme insurrectionnelle suite à des actes de sabotage, le préfet de la Savoie demande l'intervention de la Garde mobile17. La commune de Tignes assigne EDF en justice17. Des CRS surveillent désormais le chantier de construction. En 1951, une décision par la Commission arbitrale est rendue pour le dédommagement de la population et diffère de celui, inférieur, proposé par la société énergétique17. Les événements s'enchainent avec la mise en œuvre opérationnelle du barrage alors que les opérations de déménagement du cimetière, des archives et d'une partie de la population n'ont pas commencé17. Le tout se fera manu militari avec le déplacement du cimetière, l'expulsion des réfractaires et dynamitage des maisons. Le 4 juillet 1953, le Président de la République Vincent Auriol inaugure le barrage17.

Tignes : super domaine skiable

Tignes a la particularité d'être une station de sports d'hiver mais aussi d'été grâce à l'utilisation des neiges du glacier de la Grande Motte (équipé en 1967-19681). Son domaine skiable a été jumelé avec celui de Val d'Isère donnant naissance à l'Espace Killy, du nom de l'ancien champion de ski Jean-Claude Killy.

Les prémices de la station sont mis en place dans les années 1930, avec une remontée mécanique qui part du village de Ronnaz pour remonter 600 m plus haut16. Le téléski du Chardonnet est installé en 1955, avec3. Une SARL appelée Équipement Sportif de Tignes (EST) voit le jour et gère les premières RM dont la télébenne permettant de relier les Brévières aux Boisses. En 1959, le préfet de la Savoie, M. Grimaud, se rend sur place pour observer le lieu de la future implantation du téléphérique du glacier de la Grande Motte3. Le développement de la station coïncide avec l'arrivée avec le promoteur Pierre Schnebelen3, qui est déjà intervenu dans les stations de La Clusaz (1963), et Val-d'Isère (1965)27.

L'entreprise exploitante est la Société des Téléphériques de la Grande Motte (STGM). Le secteur de Tovière : C'est le massif permettant la connexion avec Val-d'Isère. Les points les plus hauts de ce secteur sont la Tovière (2 705 m) et le col de Fresse (2 580 m). Le secteur des Brévières : C’est un massif assez encastré à la partie nord-est du domaine. Ensoleillé dès le matin, on y skie face à la Grande Sassière (3 748 m), le lac du Chevril et le massif du Mont Blanc. Le point le plus haut de ce massif est l’Aiguille Percée (2 748 m), curiosité géologique très particulière que l'on peut traverser pour effectuer un hors-piste donnant sur Tignes le Lac. On peut aussi choisir de descendre de l'aiguille non-stop jusqu'au village des Brévières (1 200 m de dénivelé, par une piste magnifique : la Sache). Le secteur du Palet qui comporte un snowpark. Le secteur de Grande Motte : Le site le plus élevé avec la Grande Motte (3 656 m), glacier de ski d'été. On y accède soit par deux télésièges débrayables soit par un funiculaire. Le dernier échelon est constitué par le téléphérique de la Grande Motte.

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